Psychanalyse · Travail · Intelligence artificielle générative

À propos

Psychologue clinicien, psychanalyste à Tokyo, d’orientation psychanalytique. Je développe parallèlement une activité de recherche indépendante consacrée aux usages et interactions humain–IA en psychologie clinique. J’ai créé PsykaTech pour faire dialoguer pratique clinique, recherche et réflexion sur les transformations liées à l’intelligence artificielle.

Une pratique centrée sur la parole et la singularité

Ma pratique clinique accorde une place centrale à la parole : à ce qu’une personne traverse, à la manière dont elle le raconte, à ses questions comme à ses contradictions. L’orientation psychanalytique guide mon écoute du rapport à soi, aux autres et au travail.

Je m’intéresse à la façon dont les transformations sociales et techniques prennent place dans l’expérience de chacun. Elles se rencontrent dans des situations concrètes : une difficulté à décider, un changement dans le travail, un sentiment d’isolement ou une nouvelle manière de chercher un appui.

Pourquoi PsykaTech ?

L’intelligence artificielle générative prend désormais une place croissante dans notre quotidien. Elle intervient dans nos façons d’écrire, de travailler, de chercher une information, de prendre conseil, d’organiser nos pensées et parfois de parler de nous-mêmes.

Elle n’est donc plus seulement un outil technique. Selon les usages, elle peut devenir un appui cognitif, un interlocuteur, une source de savoir, une aide à la décision ou un espace de régulation émotionnelle. Dans le travail, elle modifie également certaines manières de produire, d’apprendre, de décider, de coopérer et d’exercer son jugement professionnel.

Une particularité de ces interactions tient aussi à leur dimension relationnelle : une IA peut être vécue comme compréhensive, attentive, rassurante ou « proche », alors même qu’elle ne possède ni subjectivité ni expérience vécue. Cette tendance à anthropomorphiser l’outil — à lui attribuer des intentions, une compréhension ou une forme de présence — fait partie des phénomènes que j’explore cliniquement, sans la considérer en elle-même comme pathologique.

Ces usages sont désormais suffisamment présents pour que les institutions professionnelles commencent à les intégrer à leurs recommandations. En 2026, l’American Psychological Association invite les psychologues à questionner avec leurs patients leurs usages de l’IA et à développer un regard critique sur les réponses reçues. En France, la Haute Autorité de santé recommande un usage de l’IA générative en santé qui soit conscient, supervisé et raisonné.

Cette présence croissante invite à interroger non seulement les usages de l’IA, mais aussi les transformations auxquelles elle participe : notre rapport au savoir, à l’incertitude, à la décision, aux autres, au travail, ainsi que certaines modalités contemporaines du lien social et de la subjectivité.

Ce qui m’intéresse n’est donc pas de déterminer à l’avance si l’IA est bénéfique ou problématique, mais de comprendre la place singulière qu’elle prend pour une personne. Que vient-on chercher dans un échange avec une IA conversationnelle ? Que permet-elle de formuler ? Qu’est-ce qui lui est confié ? Que lui délègue-t-on éventuellement ? Et quels effets ses réponses produisent-elles sur la pensée, les décisions, les relations ou la capacité d’agir ?

C’est dans ce cadre que je développe une pratique clinique des interactions humain–IA : une manière d’explorer avec une personne son usage réel de l’IA, la fonction qu’elle lui attribue et les effets de cette interaction.

Ce travail conduit également à développer une compétence clinique des interactions humain–IA : comprendre ces usages et, lorsque cela est pertinent, concevoir des règles d’interaction permettant à l’IA de soutenir la réflexion sans se substituer au jugement de la personne.

L’IA générative peut ainsi constituer une ressource, une prothèse cognitive ou un espace d’élaboration. Elle peut aussi devenir un recours difficile à questionner. Ces deux dimensions doivent pouvoir être examinées ensemble, à partir des usages réels et de leurs effets.

Le travail comme lieu d’expérience

Le travail occupe une place importante dans cette démarche : il engage des compétences, des relations, des responsabilités et une manière de se reconnaître dans ce que l’on fait. L’arrivée de l’IA soulève des questions qui concernent aussi l’organisation, les attentes de productivité et les possibilités de discuter son travail.

Mon approche vise à entendre ensemble l’expérience de la personne et le contexte dans lequel elle s’inscrit. Une difficulté professionnelle ne peut pas toujours se comprendre à partir du seul individu.

Un cabinet, un espace de recherche et d’écriture

Avec PsykaTech, je souhaite faire dialoguer la consultation, la recherche et le développement clinique, ainsi que l’écriture. J’y explore des dispositifs d’accompagnement des usages de l’IA, dont les apports et les limites restent à éprouver dans la pratique.

La rubrique « Articles » accueille des textes de réflexion et d’analyse. L’espace « Recherche & développement clinique » présente les méthodes, protocoles et dispositifs en cours d’élaboration. « Actualité algorithmique » part de ce que ma propre bulle algorithmique me donne à voir : des contenus, des discours et des événements qui deviennent matière à questionner notre époque.

Le fil conducteur de PsykaTech est de maintenir une place pour la parole, le jugement et la singularité dans un environnement de plus en plus traversé par les technologies.

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